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Fantasy : Pensé comme une suite d’Excalibur, ce film est complètement passé sous les radars

Véritable blueprint du genre fantasy, et peut-être de toute la pop culture, la légende du roi Arthur n’a de cesse d’être réinventée au cinéma, pour le meilleur (The Green Knight de David Lowery) comme pour le pire (L’Épée du vaillant avec Sean Connery, un bijou du nanar dont on parlera ici). Cependant, au fil des années, un film demeure LA référence : Excalibur de John Boorman. Conscient de la difficulté de se mesurer à un tel monument, c’est en 2019 que Joe Cornish (le réalisateur de l’excellent Attack the Block) a proposé une suite aussi officieuse que généreuse, complètement oubliée aujourd’hui, et qui mérite pourtant d’être redécouverte.

Excalibur trouve un nouveau porteur

Après le succès critique d’Attack the Block en 2011, produit par Edgar Wright, Joe Cornish s’est imposé comme un réalisateur à suivre. Pour son deuxième long métrage, il choisit une légende mythique : l’histoire du roi Arthur. Alex, le Destin d’un Roi (The Kid Who Would Be King en V.O.) transpose la légende en plein XXIᵉ siècle.
Le film débute lorsque le jeune Alex trouve Excalibur sur un chantier, la tire du roc et découvre qu’il doit affronter la féroce Morgane, libérée de sa prison souterraine par ses pouvoirs. Sous ce pitch plutôt convenu se cache en réalité une perle de la fantasy, et un vrai bon film à mater en famille, les jours pluvieux, blotti sous un plaid avec un chocolat chaud à portée de main.

Je t’ai dit que c’était le fils d’Andy Serkis en tête d’affiche ?

Conçu comme un what if dans l’esprit Amblin, Cornish imagine une suite spirituelle, et donc officieuse, du mythique Excalibur de John Boorman, pensée pour un public plus familial. L’objectif était clair : revisiter les grands symboles arthuriens avec optimisme et une vraie modernité, sans trahir l’héritage du film original. Malheureusement, malgré cette jolie intention, le film est sorti sans réelle promotion et s’est directement planté au box-office : seulement 32 millions de dollars de recettes pour un budget de 59 millions. Il semble doucement mais sûrement disparaître des mémoires, et pourtant…

Merlin vs Morgane : 2ᵉ round

Soyons clairs : si vous avez eu la chance de grandir avec Excalibur de Boorman, Alex, le Destin d’un Roi est clairement fait pour vous. On sent à chaque instant le jeune Joe Cornish qui s’est imaginé ce qu’il ferait s’il venait à retrouver l’épée magique.
Tout concourt à faire du film la suite “officieuse” voulue par le réalisateur : la présence d’un Merlin rigolard guidant le porteur d’Excalibur, une Morgane enfouie sous terre qui ressurgit, la Dame du Lac dont on ne verra jamais que la main sortir de l’eau pour porter ou récupérer l’épée, un jeune champion idéaliste face à l’obscurité… Ce sont autant de motifs très clairement repris tels quels, fidèles à l’esprit du film de 1981.

Métaphore subtile si il en est…

Patrick Stewart, déjà présent dans Excalibur de Boorman (où il jouait Léodagan), apparaît aussi dans Alex, le Destin d’un Roi. S’il n’incarne pas le même personnage, sa présence crée un pont symbolique fort entre les deux films.
Mais évidemment, Alex, le Destin d’un Roi ne se contente pas d’être une simple fan fiction : il développe son propre univers et ses thématiques. Entre deux combats contre des guerriers zombies ou des arbres belliqueux, le film s’amuse aussi à détourner habilement les codes du récit héroïque.

Avec le temps…

Ainsi, l’’un des enjeux majeurs pour Alex n’est pas tant de vaincre Morgane, mais de retrouver un père qu’il n’a jamais connu. Convaincu qu’il n’aurait pu obtenir Excalibur s’il n’était pas un descendant du roi Arthur, il cherche un sens magique et héréditaire à sa mission. Joe Cornish, pleinement conscient des mécaniques du mythe de l’élu, les embrasse pour mieux les retourner et les exploser de l’intérieure. À travers les rêves, les fantasmes et les désirs d’un enfant, il interroge les limites du récit héroïque.

Une relecture du parcours initiatique qui ne fait pas seulement grandir Alex, mais lui donne aussi une place toute particulière au sein du genre fantasy. Et rien que pour ça, on ne peut que vous encourager à revoir ce film profondément beau et… geek, bien sûr.

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Youri Gone
Rédigé par Youri Gone

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