Il y a quelques mois, nous vous annoncions ici même le retour d’Ichabod Crane du cultissime Sleepy Hollow de Tim Burton. Mais… sous forme d’un comics. Bien qu’il soit encore inédit en France, nous avons tout de même pris le temps de découvrir Return to Sleepy Hollow pour voir ce que cet opus papier apporte aux personnages et au lore du plus gothique des films de Burton.
Ichabod Crane, quinze ans plus tard
L’action se déroule quinze ans après les événements du film. Ichabod (le personnage qu’incarnait Johnny Depp), devenu un spécialiste pour démasquer les faux occultistes et autres charlatans. Reconnu à travers le monde, il vit sa célébrité dans une certaine solitude puisque Katrina (Christina Ricci dans le film) l’a depuis longtemps quitté. Ce héros brillant mais triste reçoit alors une étrange lettre qui l’oblige à revenir à Sleepy Hollow, où une nouvelle vague de meurtres inexpliqués sème la terreur. Ce retour forcé le remet évidemment face à Katrina, qui est retournée vivre dans l’étrange village. À partir de là, le duo devra mener l’enquête et faire la lumière sur les sinistres origines de Sleepy Hollow.
Au gré des 5 épisodes qui constituent cette nouvelle aventure, les morts atroces vont se multiplier, les bois du Ponant vont se révéler encore et toujours plus étranges et de nouveaux personnages vont venir étoffer un trombinoscope sans cesse menacé de décapitations soudaines. Parmi ces nouveaux venus, un ajout notable : Lotte, la mystérieuse fille de Katrina. Comme sa mère (et peut-être sa grand-mère), Lotte a des dons surnaturels et semble pouvoir communiquer avec les défunts…

Le lore du Cavalier sans tête s’étoffe
Sur le plan de l’écriture, la série ne se contente pas de faire revenir le Cavalier sans tête : elle en profite pour approfondir la mythologie du lieu. Un mal plus profond, tapi depuis quinze ans dans les racines de la ville, cherche désormais à assouvir sa soif de sang. Et petite satisfaction, cette nouvelle menace n’est pas un simple fac-similé des enjeux du premier film (un poncif récurrent dans ce genre de projet).
Plus prévisible et un peu trop pratique, on retrouve ici une confrontation entre le rationalisme scientifique d’Ichabod et l’esprit ouvert au surnaturel de Katrina. Une mécanique vue et revue, cependant compensée par un récit qui s’éloigne du rythme du film pour offrir un opus plus posé et mélancolique, qui se rapproche d’ailleurs davantage d’une enquête ésotérique. Un traitement étonnant qui fait souvent penser au comics érotico-folk horror Somna (Eisner Award de la meilleure nouvelle série en 2024), que d’un pur récit d’horreur.
Sans surprise, ni Tim Burton ni le scénariste d’origine Andrew Kevin Walker (auteur également de Seven) ne sont directement impliqués dans ce prolongement en bande dessinée, mais le petit succès public de la série n’est pas passé inaperçu. En effet, face aux ventes satisfaisantes du titre, IDW Dark a profité de l’élan pour lancer un second chantier autour de la licence : une préquelle, cette fois. Sleepy Hollow: The Witches of the Western Wood, qui raconte la jeunesse de Mary Van Tassel, la grande méchante du film de 1999 et laisse cette fois ci plus de place au célèbre Cavalier sans Tête. Mais nous aurons sûrement l’occasion d’en reparler.




