À l’occasion du premier hors-série consacré à la légende arthurienne et à Kaamelott (vous pouvez d’ores et déjà commander le deuxième juste ici), l’équipe de Geek Magazine a eu le privilège de s’entretenir longuement avec Alexandre Astier. Auteur, réalisateur et interprète du roi Arthur, il nous a livré un regard inédit sur la genèse de la série culte. Au cœur de cet échange, une révélation majeure : pourquoi Lancelot, ce chevalier si noble dans la légende traditionnelle, s’est mué en grand méchant dans son univers. Retour sur ce choix narratif fort qui a bouleversé la perception de ce personnage.
Dark Lancelot
Au fil des saisons, Lancelot évolue d’un preux chevalier droit et respecté à l’ennemi juré d’Arthur, incarnation d’un pouvoir rigide et intransigeant. Comme le souligne Astier, « Lancelot est un chevalier à part depuis le début. Il est presque le seul qui tienne la route, mais son individualisme extrême le pousse à s’éloigner de la Table ronde. » Cette trajectoire s’inscrit dans une montée dramatique progressive où Lancelot, lassé par ce qu’il perçoit comme les faiblesses d’Arthur et de ses compagnons, finit par trahir le roi.

Le Livre IV marque un tournant, introduisant un côté plus sombre à la série, où l’on voit Lancelot confronter les limites du pouvoir, mais aussi ses propres démons. Astier évoque cette évolution : « On voit Lancelot se heurter à la difficulté de gérer un camp, contrairement à Arthur qui doit gérer tout un royaume. Il découvre qu’imposer un ordre parfait est impossible, mais il ne peut s’y résoudre. » Ainsi, son élitisme exacerbé, son intransigeance et son refus de compromis le conduisent à une chute tragique, presque inévitable.
Ce choix narratif sert une dimension plus large : Lancelot devient le reflet inversé d’Arthur, un homme rigide et inflexible opposé à un roi humain et pragmatique. Ce contraste nourrit une intrigue riche en nuances où la lutte n’est pas seulement entre bien et mal, mais entre deux visions du monde.
Un choix justifié par Alexandre Astier
Interrogé sur cette orientation audacieuse, Astier explique : « je voulais en faire une victime de la quête du Graal, contrairement à Arthur qui tente tant bien que mal de s’adapter. » Il ajoute : « Lancelot, c’est l’inverse d’Arthur : là où Arthur tolère les moins compétents, lui les élimine. Il est élitiste, rigide, incapable de souplesse. Ça ne pouvait que mal finir. »

Ce choix révèle aussi la volonté d’Astier de déjouer les attentes en donnant sa propre version de la geste arthurienne. Son Lancelot est unique en son genre et l’auteur en est pleinement conscient: “Il n’existe pas de version de la geste arthurienne où Lancelot serait réellement au pouvoir ou à la tête du royaume de Logres. Ça, c’est purement kaamelottien”. Enfin, Alexandre Astier insiste aussi sur le plaisir d’écrire ce personnage :” C’est très facile et agréable de suivre la folie qui s’empare de Lancelot. Il veut un monde parfait, à la manière de certains dictateurs, et ça ne peut que exploser.”
Et pour en découvrir toujours plus sur l’univers de Kaamelott et de la légende d’Arthur, découvrez dès maintenant le nouveau hors-série Geek Magazine, juste là : Arthur, le Graal & Excalibur: Quand une légende forge la Pop Culture.



