Six ans de patience et l’investissement personnel et désintéressé de 200 personnes : voilà ce qu’il aura fallu pour faire aboutir le fan-film Wonder Woman 1944. De longues années de production durant lesquelles l’équipe du collectif Multiverse studio n’a pas fait les choses à moitié. Avec près de 35 minutes au compteur, le court-métrage français propose une aventure de super-héros particulièrement généreuse.
La grande vadrouille de Wonder Woman
Le premier truc qui saute aux yeux, c’est l’ambition et la réussite de la direction artistique. Grâce à l’aide de nombreux volontaires, dont certains des plus gros collectionneurs d’objets et de véhicules de la Seconde Guerre mondiale, les premiers plans donnent immédiatement le ton. Entre une scène de conflit nocturne qui cite le Hellboy de Del Toro et l’arrivée de Wonder Woman et de son commando de mercenaires super-héroïques sur une base aérienne remplie d’authentiques avions et jeeps d’époque, ça place directement le niveau. Oui, vous êtes ici face à un fan-film, mais on est loin du tout-venant que propose aujourd’hui le genre.

Évidemment, tout n’est pas parfait. Certaines transitions manquent parfois entre deux scènes et le casting, venu de plusieurs horizons, propose des jeux d’acteur qui ne s’harmonisent pas toujours. De bien menus défauts au regard de ce que Wonder Woman 1944 cherche à accomplir avec des moyens en temps et en argent très limités. Le film est même régulièrement étonnant par l’ambition affichée et la réussite de certains plans et séquences, surpassant régulièrement ce que l’on peut retrouver dans certaines grosses productions françaises disposant pourtant de moyens autrement plus importants.
La D.C. compagnie au clair de lune
Pour les geeks que nous sommes, il est également agréable de constater que Wonder Woman 1944 ne se contente jamais d’aligner quelques cosplays devant une caméra. Le film cherche à construire un véritable univers et à faire cohabiter récit de guerre et super-héros. Wonder Woman, Dr Fate, Vixen, Human Bomb (et quelques surprises) viennent ainsi nourrir la narration avec une logique qui leur est propre. L’utilisation de ces super-héros (et super-méchants) est d’ailleurs l’autre jolie réussite du projet. Le film a parfaitement compris qu’un manque de moyens pouvait être compensé par de bonnes idées de mise en scène.
Plutôt que de montrer systématiquement ce qu’il ne peut pas produire, il réfléchit à la manière de suggérer, cadrer et découper ses affrontements pour leur donner une ampleur supérieure à leur coût réel. Le meilleur exemple est probablement celui opposant Human Bomb à un gigantesque ennemi allemand (dont on vous laisse la surprise). Le temps d’une scène, le fan-film métisse décorum français, super-héros de comics et une grandiloquence typiquement manga dans une séquence totalement décomplexée qui résume parfaitement le projet. Wonder Woman 1944 est tout simplement un film généreux qui mérite d’être soutenu. Et on vous laisse d’ailleurs découvrir le bébé juste là :



