Publié le 02/09/2025
En faisant le pari d’un univers fantasy abordé via le prisme de la gastronomie, Donjon et Glouton captive un trèèèèèès large public. Depuis sa sortie, la série s’est imposée comme un incontournable et son aura continue chaque jour de séduire de plus en plus de fans, étalant leur amour de cet univers sur les réseaux. Mais comment ce high concept, qui aurait pu se limiter à un simple mème de joueur de Donjons et Dragons, a-t-il pu devenir un tel phénomène ?
Il reste du cube gélatineux ?
Donjon et Glouton (Delicious in Dungeon, ou Dungeon Meshi en japonais) part d’un postulat aussi surprenant que simple : pour survivre dans les profondeurs d’un mystérieux labyrinthe, des aventuriers n’ont d’autre choix que de cuisiner les monstres qu’ils affrontent. Une idée qui peut surprendre le grand public mais qui est d’une déconcertante banalité pour quiconque s’est déjà frotté à un jeu de rôle (quelle qu’en soit la forme, d’ailleurs). Sauf que l’un des éléments malins de la série est que l’histoire combine habilement la tension d’un jeu de rôle médiéval-fantastique avec le plaisir réconfortant des émissions culinaires qui pullulent depuis presque 20 ans dans les médias mainstream.

Ce mélange improbable fonctionne étrangement bien, notamment grâce à la richesse de l’univers créé par l’autrice Ryoko Kui. Chaque créature appartient à un écosystème cohérent, et les recettes inventées pour les accommoder relèvent autant de la fantaisie que de la précision gastronomique. L’anime ne se contente pas d’un simple défilé de plats : il en fait une véritable étude écologique et culturelle du donjon. Le spectateur se retrouve alors comme hypnotisé par le discours de ces spécialistes d’un monde parallèle, captivé par un propos flirtant perpétuellement avec le non-sens, comme une biche prise dans les phares d’un 30 tonnes.
D’autre part, Studio Trigger, déjà réputé pour ses productions dynamiques, sublime ici le concept avec une animation soignée et des détails visuels qui rendent chaque plat presque appétissant, malgré leur origine gentiment monstrueuse. Le résultat est une série qui déjoue les clichés de la fantasy.
Rotten Tomatoes flambées
Adapté du manga à succès de Ryoko Kui, publié entre 2014 et 2023 et comptant 14 volumes, l’anime reste fidèle à l’œuvre originale tout en la rendant accessible à un nouveau public. Si le manga avait déjà séduit plus de 10 millions de lecteurs au Japon avant l’arrivée de l’anime, cette dernière a provoqué une explosion de popularité mondiale, atteignant 14 millions d’exemplaires supplémentaires en circulation quelques mois après la diffusion.
Diffusée sur Netflix entre janvier et juin 2024, la première saison a conquis critiques et spectateurs. Depuis sa sortie, la série n’a jamais vu sa note parfaite baisser : elle affiche donc toujours 100 % sur Rotten Tomatoes depuis plus de 6 mois. Preuve de cet engouement, une saison 2 a déjà été annoncée, prévue au plus tôt pour 2025.

Le phénomène ne s’arrête pas là : en parallèle de l’anime, des artbooks, un guide officiel (The Adventurer’s Bible) et même des expositions culinaires autour des plats imaginés dans la série prolongent l’expérience des fans. Lauréat de nombreux prix, dont le prestigieux Harvey Award du meilleur manga, Donjon et Glouton prouve qu’il est bien plus qu’un simple anime de niche : il s’agit désormais d’un classique moderne de la fantasy, capable de séduire aussi bien les amateurs de jeux de rôle que les passionnés de cuisine, mais surtout d’amener un tout nouveau public vers la fantasy. Et ça, chez Geek, on ne peut que valider.


