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Fantasy : ça devait être le nouveau Star Wars, ça a été un gigantesque flop

Au début des années 1980, le cinéma de genre est encore en état de choc après le succès aussi surprenant que massif de Star Wars. Le public en redemande, et les producteurs cherchent comment répondre à cette soif de nouveaux imaginaires à conquérir. C’est donc dans ce contexte que, en juillet 1983, surgit un film aussi étrange que fascinant… mais au destin bien triste.

Un jeune héros, une princesse en danger, une arme légendaire et des méchants en armure noire… mais pas la Force

Le projet Krull naît en plein âge d’or de la fantasy au cinéma, une époque où Hollywood rêve de reproduire le succès phénoménal de Star Wars. L’idée du film est donc très simple: mélanger l’épique des contes de fées médiévaux et la technologie clinquante de la science-fiction. À la barre, le prestigieux réalisateur anglais Peter Yates (Bullitt, Les grands fonds) et une production presque entièrement britannique, tournée dans les mythiques studios de Pinewood, fief des James Bond et autres superproductions ambitieuses.

Ça, c’est un couteau…

Sur le papier, Krull fait tout pour séduire les fans d’une fantasy classique (pour l’époque) : princesse en danger, héros intrépide muni d’une arme légendaire (le cultissime “Glaive”) et personnages secondaires hauts en couleur (dont un cyclope). Sauf que… Inspiré par la folie furieuse d’une époque qui cherche encore à comprendre les mécanismes du succès de Star Wars, ici, bien que l’on se trouve dans un univers de médiéval fantastique “classique”, les ennemis ayant capturé la princesse sont en réalité une horde d’extraterrestres belliqueux appelés les Slayers, dirigés par une entité monstrueuse nommée le Beast.

L’armure ? +10 en style, -12 en endurance.

Malheureusement, malgré toutes cette folie et un budget astronomique de près de 30 millions de dollars, l’un des plus élevés de son époque, et une campagne marketing ambitieuse, Krull se fracasse littéralement à sa sortie en juillet 1983, soit tout juste trois mois après la sortie du Retour du Jedi. Le film rapporte à peine 16,9 millions au box-office mondial, et les critiques, acerbes, ne l’épargnent pas. Jugé confus, trop lent par moments, et surtout accusé d’être une pâle copie de Star Wars sans l’univers cohérent ni le charme des personnages de George Lucas, Krull est catalogué comme l’un des plus gros flops de l’année. Et pourtant…

Loin des salles désertes, le film va trouver une seconde vie inattendue. Avec l’explosion du marché des vidéoclubs dans les années 80 et 90, Krull devient l’une de ces cassettes que l’on loue par accident (ou par dépit) quand L’Empire contre-attaque n’est pas disponible, et que l’on finit par regarder en boucle, fasciné par son atmosphère étrange, ses décors grandiloquents et son univers hypnotique. Doucement mais sûrement, l’échec en salles devient un petit classique des vidéoclubs.

Oui , il y a deux soleils…

Quand Krull devient un symbole malgré lui

Même s’il n’a jamais eu l’aura de ses contemporains comme Labyrinth, Legend ou The Princess Bride, qui furent pourtant eux aussi de jolis flops en salle, Krull s’immisce néanmoins dans la pop culture par la petite porte. Krull, avec son mélange improbable de fantasy baroque et de science-fiction kitsch, incarne, malgré lui, une certaine vision de ce qu’était la fantasy au cinéma avant que Le Seigneur des Anneaux ne vienne tout redéfinir.

Quand Qui-Gon Jinn était encore un Padawan.

Les références, parfois discrètes, parfois assumées, fleurissent dans d’autres œuvres. On repère un clin d’œil dans Family Guy, une évocation dans South Park, et même des allusions plus subtiles dans World of Warcraft ou encore Ready Player One, qui n’hésite jamais à puiser dans les trésors oubliés des années 80.

Plus surprenant encore, ce statut culte de Krull atteint même des sphères inattendues et a parasité votre vie numérique, parfois sans même que vous ne vous en rendiez compte. En effet, lors de ses débuts, à l’ère de l’intelligence artificielle et des générateurs d’images comme MidJourney, une tendance virale voit les utilisateurs recréer des œuvres fictives comme si elles étaient des films de fantasy des années 80. Résultat ? La plupart de ces visuels évoquent immédiatement Krull, ses chevaliers en armure sombre, ses créatures hybrides et ses paysages mystérieux baignés de brume colorée.

Prompt malgré lui.

Sans le vouloir, Krull est ainsi devenu la référence par excellence d’une esthétique oubliée : celle d’une fantasy audacieuse, peut-être un peu naïve, souvent bancale mais follement inventive, typique des années 80. Loin d’être le “nouveau Star Wars” promis par les studios, Krull a finalement trouvé sa place, non pas au panthéon des blockbusters, mais plutôt dans une sorte de dimension parallèle faite de références obscures et de prompts mal formulés… bref, une dimension profondément GEEK.

Y en a un peu plus, j’vous le mets quand même ?
Youri Gone
Rédigé par Youri Gone

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