Après des années d’attente, la bande-annonce du nouveau Red Sonja est enfin sortie. Entre promesses de scènes de combats barbares et arrière-goût de série B, ce premier aperçu donne enfin vie à un projet en gestation depuis près d’une décennie. L’occasion rêvée de revenir sur l’héritage d’une guerrière mythique, et de se demander: à quoi peut-on vraiment s’attendre ?
Red Sonja, la Lagertha de ton daron
Créée en 1973 par Roy Thomas et Barry Windsor-Smith pour Marvel Comics, Red Sonja est une version librement inspirée de la Red Sonya of Rogatino, une héroïne pulp imaginée par Robert E. Howard, le créateur de Conan. Guerrière flamboyante, farouchement indépendante et maniant l’épée comme personne, elle est depuis devenue une figure incontournable de l’imaginaire fantasy.

De Xena, la guerrière à Lagertha dans Vikings, en passant par la Wonder Woman réinventée par Zack Snyder, difficile de ne pas voir en Red Sonja une matrice originelle, un archétype de la combattante badass, souvent imité consciemment ou pas. Elle incarne cette figure de la “She-Devil with a Sword”, où la féminité n’est jamais incompatible avec la brutalité et l’action débridé.

Malheureusement, au cinéma, Red Sonja n’a eu droit qu’à une seule adaptation , et pas des moindres : le nanar de 1985 avec Brigitte Nielsen dans le rôle-titre et Arnold Schwarzenegger en guest qui erre dans le décor en attendant la fin de son contrat. Un film devenu culte pour de “mauvaises” raisons. Décors en carton-pâte, monstres en mousse, dialogues absurdes flirtant dangereusement avec le racisme et la misogynie (un comble pour un personnage censé être féministe avant l’heure), Red Sonja version 80s tient plus du péplum Z que du chef-d’œuvre fantasy.

Quarante ans plus tard, la nouvelle version signée Millennium Films (spécialiste du cinéma d’action, de The Expendables à Hitman & Bodyguard) sort enfin de son long “development hell”, après des années de réécritures, de changements de réalisateur, et de reshoots. Alors forcément, une question se pose…
Red Sonja 2025, pour quoi faire ?
Le trailer fraîchement dévoilé laisse une impression ambivalente. Certes, la mise en image semble plus ambitieuse qu’on ne le craignait. Les chorégraphies sont énergiques, les décors qui fonctionnent, et Matilda Lutz incarne une Sonja crédible, violente, charismatique et moins sexualisée que dans les versions papier. Loin du bikini en cotte de mailles devenu symbole d’une certaine forme de male gaze un peu daté, cette nouvelle Red Sonja semble vouloir se réapproprier son destin dans un récit centré sur l’émancipation, la vengeance et la sororité.

Le pitch ? Capturée, enchaînée, et forcée de combattre dans des arènes sanglantes, Sonja doit rassembler une armée de parias pour renverser un tyran (Draygan, campé par Robert Sheehan) et sa compagne maléfique, Dark Annisia (Wallis Day). Le resultat semble etre un gros “boulgi boulga” de Gladiator, Conan et série Netflix type The Witcher, mais aussi… Le The Arena de 1974 avec Pam Grier.
Mais derrière ces promesses, dont on laissera chacun juger si elles l’intéressent ou non… Le trailer dégage encore une étrange vibe de “vikingsploitation” d‘Europe de L’Est, avec ses filtres grisâtres, ses décors numériques un peu cheap et sa musique dramatique surjouée. De fait et malgré la volonté affichée par la réalisatrice M. J. Bassett (Solomon Kane) d’en faire une œuvre féministe et moderne, le film semble constamment osciller entre le Roi Scorpion et la série B sous stéroïdes. Difficile donc, à ce stade, de savoir si cette nouvelle Red Sonja sera la rédemption du personnage à l’écran ou un autre rendez-vous manqué. Mais si ce reboot parvient au moins à redonner un peu de lustre à cette héroïne trop longtemps laissée de côté, ce sera déjà une petite victoire.



